NOTRE - DAME DU SCHAUENBERG

 Pèlerinage près de Pfaffenheim (Haut-Rhin)        
 Diocèse de Strasbourg
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Site. Qui ne connaît le Schauenberg au-dessus de Pfaffenheim, entre Colmar et Rouffach ? Qui ne regarde vers la montagne d'où les bâtiments et la chapelle rénovés dominent une partie de la plaine haut-rhinoise?
Le Schauenberg, en effet, est un beau coin de la Haute Alsace ; au milieu d'un paysage favorisé par la nature, l'histoire et l'art, il est un Mont Ste Odile en miniature!  Une belle vue très étendue s'offre au visiteur.
A nos pieds s'étalent, entourés de vignes, les villages de Pfaffenheim et de Gueberschwihr, tous deux bien connus aux fervents du style roman: Pfaffenheim, par son ancien chœur, Gueberschwihr par son clocher, l'un des plus beaux d'Alsace. - Un peu plus loin, la petite ville de Rouffach avec son église "Notre-Dame", vraie cathédrale, ses vieilles maisons et ses monuments historiques, puis à perte de vue la grande plaine,  de  Colmar jusqu'aux avant-monts du Jura.
En face de nous, voici le petit massif volcanique du Kaiserstuhl et la Forêt Noire. Par les journées très claires, on peut distinguer la flèche de la cathédrale de Strasbourg et, très nettement, avec la collégiale de Colmar les "Münster" de Brisach et de Fribourg ; la vue s'étend même jusqu'aux sommets de l'Oberland bernois.  —  Quel beau panorama que celui  qu'offre le Schauenberg!

Le pèlerinage jusqu'au XVI° siècle. Les premiers temps sont historiquement inconnus, l'histoire, faisant défaut, c'est la légende plus ou moins poétique qui la remplace, mais iIl n'y a pas de doute : la montagne s'appelait Hohburg au début. En 1334 apparaît le lieu dit  " Schowenberg " ;  un  ermite s'y établit vers  1400.  D'après  la tradition,  cet ermite, Udalricus (Ulric), érigea près  de  l'ermitage une petite chapelle dédiée à St Ulric, très vénéré au  Moyen Age. Les habitants de la contrée venaient visiter la chapelle.

D'après des renseignements authentiques, un miracle se produisit peu d'années après, miracle qui contribua à la fondation du pèlerinage. Une certaine comtesse de Hesse, sans doute Anne, épouse du landgrave Louis 1° le Pacifique, était gravement malade et les médicaments ne pouvaient la soulager :Dieu lui apparut et lui fit comprendre qu'elle devait se rendre avec la statue de la Vierge, placée dans sa chambre et très vénérée, à une montagne dite " Schau-an-Berg ". Elle y serait guérie. A peine réveillée de son sommeil, elle se mit à louer et à remercier Dieu et la Vierge et chargea immédiatement un messager d'emporter la statue et des aumônes, de chercher ladite montagne et d'y prier en son nom.
Le messager partit, et après de nombreuses difficultés, il trouva l'endroit indiqué où il s'acquitta de son devoir.  La comtesse, elle, fut guérie miraculeusement et la statue fut placée dans la chapelle. A partir de cette époque de nombreux dévots de Marie se rendirent au Schauenberg qui devint un lieu de pèlerinage et de prière. 
En 1483 le chevalier, Hans Erhart de Reinach, collateur  de  la paroisse de Pfaffenheim, Hans Rodolphe, son frère, curé, le prévôt et les jurés du village s'adressèrent à Gaspard zu Rhein, évêque de Bâle, et le prièrent, vu la grande affluence des fidèles, d'élever la chapelle du Schowenberg au rang d'une chapellenie. Lesdits personnages accordèrent au futur chapelain une rente annuelle en argent ainsi que des revenus en vin et en blé ; la chapelle fut dotée, en outre, de prés et de vignes. Le chapelain devait habiter Pfaffenheim, célébrer deux fois par semaine le Saint Sacrifice à la chapelle et y chanter une grand'messe aux fêtes de la Vierge. Il devait toucher l'offrande de l'autel, le reste devant être destiné à l'embellissement de  la chapelle. Le curé aurait le droit de présenter le chapelain à l'évêque, mais on donnerait la préférence à un prêtre originaire de Pfaffenheim ou y ayant de la parenté.
L'évêque de Bâle accueillit la demande en fondant la chapellenie. Jean Hubschinhans en fut le 1er chapelain. Néanmoins, on cite encore plus tard la présence d'ermites.
Le manuscrit avec la pétition en vue de l'érection en chapellenie avec la réponse favorable de l'évêque de Bâle se trouve encore aux archives de la paroisse de Pfaffenheim. Ce précieux document fut déposé en 1984 aux archives départementales de Colmar après les festivités du 5° centenaire commémorant solennellement cet évènement en présence de Mgr Hänggi, ancien évêque de Bâle.
 

La statue miraculeuse. La toute première statuette, celle du temps de l'ermite, a disparu.. L'évêque de Strasbourg Jean IV de Manderscheidt Blankenheim (1569—92) venait régulièrement en pèlerinage en ce lieu quand il séjournait dans son château d'Issenbourg à Rouffach. des lettres d'avril 1590 témoignent de son indignation à la nouvelle que la statuette originale avait disparu du pèlerinage et était remplacée par une autre sculptée sans doute par un artiste de Colmar et dont la beauté fut rehaussée par un peintre pour la rendre plus conforme au goût du simple peuple d'alors. Cette petite sculpture fut placée par les Franciscains, en 1695, sur l'autel principal dans une niche splendidement nickelée. De part et d'autre de la Vierge assise avec l'Enfant, on remarque les figures de St. François d'Assise et de St. Antoine de Padoue. Le petit autel fut un don de François Joseph de Schauenburg (+1738) et de Marie-Reine Antoinette de Montjoie Vaufrey, son épouse, décédés tous deux au château de Herrlisheim et enterrés dans cette localité. Ce fait explique les armes des nobles de Schauenburg et de Montjoie (Froberg) ainsi que la couronne centrale au petit autel. Ce dernier fut probablement sculpté par Antoine Werlé, originaire de Guebwiller qui, grâce aux nobles de Schauenburg travailla également à Thierenbach, aux autels latéraux de Soultzbach où il posséda une maison encore conservée et où il mourut le 19 déc. 1756. La représentation de la toute première statuette a été trouvée en 1976 dans un bréviaire du XVIème siècle dans la bibliothèque au grand séminaire de Strasbourg.

Essor du pèlerinage à partir du XVIème siècle
. La reconnaissance officielle du pèlerinage par l'Evêché de Bâle lui valut un nombre grandissant de pèlerins. En 1515 il fallut agrandir la chapelle; c'est sans doute à cette époque que remonte le choeur gothique orienté vers l'est. Plus tard se forma la légende d'après laquelle le diable, voyant la chapelle en construction, aurait jeté un rocher sur le petit sanctuaire. Mais le rocher devint tendre et le plan diabolique échoua. Le rocher, dit "rocher du diable", existe toujours et le peuple croit reconnaître dans ses excavations les doigts du démon. D'après une autre légende, le diable aurait voulu faire obstacle à la construction d'un chemin au Schauenberg en y roulant sans cesse des blocs de rocher pour empêcher les pèlerins d'y monter pour prier. Cette dernière légende est bien significative pour un temps où l'on expliquait surtout en image. On appelle le diable »le Malin«, c'est  celui qui vient par derrière, en cachette, nous mettre des pierres sur la route pour nous empêcher de monter, de faire le bien. Cette image du diable répond bien plus à la vérité que la représentation d'un diable hideux, cornu net fourchu...

A nouveau, la chapelle s'avéra trop petite
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Il fallut, en 1685, entreprendre la construction d'un édifice plus spacieux, érigé dans  le style du gothique finissant. Par suite de transformations successives ultérieures, le style n'apparaît plus nettement. Le projet de construction ne put être mené à terme, et la chapellenie avait même disparu pendant les guerres du XVII° siècle. On confia alors le Schauenberg aux Franciscains de Rouffach.
En 1690, Christophe Pries, gouverneur du Mundat Supérieur, territoire de l'évêque de Strasbourg, le curé Pipion de Pfaffenheim (originaire de Rouffach) et le P. Polychronius Blest, gardien du Couvent Ste Catherine à Rouffach, soumirent une demande à Guillaume Jacques Rink de Baldenstein, évêque coadjuteur de Bâle. Les Franciscains du Schauenberg devaient rester  sous l'obédience du Couvent de Rouffach ; au moins deux Pères, un Frère et un domestique devaient habiter le Schauenberg. Les Franciscains devaient assurer le service religieux du pèlerinage, tandis que la Fabrique de l'Eglise pourvoirait à l'entretien de la chapelle. La commune, elle, en devait achever la construction, mais se réserver tous les droits au Schauenberg en cas de départ des Franciscains à la suite d'une guerre ou de troubles quelconques. Ainsi fut tranchée la question matérielle des Franciscains.  Les bâtiments ne devaient pas être entretenus par  la commune.

Ce projet fut accepté, car dès 1690, le pèlerinage fut confié aux Franciscains de Rouffach. Ceux-ci entreprirent d'achever les travaux de l'édifice en se faisant ouvriers. Le 11 juillet 1695,Gaspard Schnorff, évêque coadjuteur de Bâle, procéda à la bénédiction de la chapelle qui contenait quatre autels : l'autel principal dédié à la Vierge de l'Assomption, l'autel de St Joseph, celui de St François d'Assise et St Antoine et celui de St Ulric. L'autel de la Vierge miraculeuse remonte à cette même époque. Sur l'emplacement de l'ermitage, les Franciscains construisirent les bâtiments conventuels qu'ils occupèrent au printemps 1704.Plus tard, ils érigèrent le mur de soutènement qui tient la terrasse de la chapelle et qui fut terminé en 1780. Gardiens fidèles du pèlerinage, ils favorisèrent non seulement le Schauenberg, but des pèlerins, mais contribuèrent également à la vénération de la sainte Croix en érigeant un chemin de croix le long du sentier menant à la montagne. Bientôt le Schauenberg connut une expansion rapide et florissante, grâce à la compétence et à la piété des Franciscains. Malheureusement, lors de la Révolution, la chapelle fut interdite au culte, et en 1791 les Franciscains quittèrent les lieux.

Après les tribulations de 1791- 99. Fin février 1793, le Schauenberg fut vendu par le Gouvernement comme bien national pour 1680 livres. Quatre bourgeois de Pfaffenheim : Antoine Runner, Sigust, Flesch et André Boesch acquirent les bâtiments dans l'intention de les restituer, la Révolution passée. Ainsi la chapelle fut sauvée,  même si  l'intérieur fut pillé  par certains  révolutionnaires fanatiques. Plus de vingt ans devaient s'écouler pendant lesquels la chapelle délabrée fut déserte : les mauvaises herbes poussaient au lieu béni, les intempéries firent leur œuvre. Mais la  paix  religieuse rétablie,  le vœu  de  tant de fidèles  put  se réaliser : le 1er mai 1810, ceux qui avaient sauvé le Schauenberg firent don du sanctuaire et des bâtiments à la commune de Pfaffenheim à condition que ce lieu servît à nouveau de pèlerinage. La commune devait dorénavant entretenir le Schauenberg ; en réalité, ce fut surtout la Fabrique de l'Église, soutenue par les pèlerins, qui le prit en charge.

Grâce aux généreux donateurs des villages d'alentour, la chapelle fut réparée et le petit sanctuaire rendu au culte. Le 3 sept. 1811 fut une journée d'allégresse pour toute la région à l'occasion de la translation solennelle de la statuette en son lieu de culte; des prêtres et des laïcs en  très grand nombre étaient venus de près et de loin ; ce fut la plus belle des fêtes de son histoire et elle fut commémorée chaque année par une procession.

Le Schauenberg au XIX° siècle. Le Schauenberg prend un essor magnifique, car on continue à le restaurer et à l'embellir. Les villages avoisinants y organisent des processions. Un moment donné, on projette même la fondation d'une chapellenie. Grâce aux époux Antoine Kueny et Marguerite Riss un nouveau chemin de croix remplace l'ancien, détruit pendant la Tourmente. Une partie des bâtiments vides fut occupée par le garde-forestier en 1831 sous l'oeil bienveillant de la commune et à la condition que le pèlerinage n'en souffrît pas; l'autre partie, l'ancien couvent fut réservée au sacristain. Après 1860, alors que Mr. le Curé J. B. Edel desservait la paroisse de Pfaffenheim, la chapelle fut embellie et on érigea le Mont des Oliviers.
Les vitraux du chœur, sortis des ateliers de l'artiste-peintre Weckerlin  de Guebwiller,  furent payés par  le Curé Lichtlé, originaire de Pfaffenheim. Les vitraux du côté gauche représentent l'un, la Vierge écartant du monde la mal, la guerre, l'hérésie, la famine et la peste, l'autre la Vierge attirant les bienfaits sur l'Eglise, la famille, la patrie et les fruits de la terre. Ceux de droite montrent l'un, la guérison de la comtesse de Hesse, l'autre la translation de 1811, la pierre du diable et la chute de la jeune fille de Rouffach.

Pendant la guerre de 1870-71, le Schauenberg risqua à nouveau d'être détruit. Deux compagnies de francs-tireurs étaient concentrées à Gueberschwihr et à Pfaffenheim en octobre 1870. Les troupes allemandes, ayant été renseignées, essayèrent en vain d'en faire leurs prisonniers. Gueberschwihr ayant été occupé, les francs-tireurs se retirèrent au Schauenberg d'où  ils  prirent sous leur feu les soldats allemands. Mais ceux-ci ouvrant un feu d'artillerie très violent,  le Schauenberg fut sérieusement endommagé avec sa chapelle et ses bâtiments. Le souvenir de ce combat (30 octobre 1870) a été perpétué par un vitrail dédié par la commune de Gueberschwihr. A la fin du XIX° siècle on entreprit différents travaux à l'intérieur et à l'extérieur de la chapelle.

Le pèlerinage au XX° siècle. Après une restauration complète de la chapelle, du chemin de Croix et du Mont des Oliviers, ce furent le 4 septembre 1911 les fêtes grandioses du centenaire de la Translation de la statue miraculeuse. Dès la veille une procession aux flambeaux ouvrit les solennités ;le lendemain, dans sa parure de fête, Pfaffenheim, en présence de Mgr. Zorn von Bulach, coadjuteur de Strasbourg, porta solennellement la statuette au Schauenberg ; le souvenir de cette fête est resté longtemps vivant.

Le 15 mars 1912, un incident jeta la consternation parmi la population : la précieuse statuette fut volée ; mais 2 jours après elle fut retrouvée par les enfants de l'école.

Pendant la 1ère guerre mondiale le Schauenberg fut épargné malgré la proximité relative du front et attira d'innombrables dévots de la Vierge qui venaient se mettre sous sa protection. Le nombre de ceux qui après 1918 et 1945 vinrent la remercier ne fut pas moins imposant.

En 1947 un nouveau retable, sculpté par l'artiste Saur d'Oberhergheim, fut placé dans le chœur et la statue de la Vierge fut transférée dans l'ancien petit chœur.

En 1948 Mgr. Weber présida les fêtes du 500e anniversaire du pèlerinage, et le 3 septembre 1961 Mgr. Elchinger, coadjuteur, celles du  150e anniversaire de la Translation de  la statuette, devant près de 1000 pèlerins.

La chapelle latérale reçut en 1954 de nouveaux vitraux réalisés par l'artiste Kempf de Colmar et dont l'un représente Notre-Dame du Schauenberg au Congo, église bâtie par Mgr. Biechy, évêque missionnaire originaire de Hattstatt, particulièrement assisté par N.-Dame du Schauenberg en Alsace.

Ces vitraux, exécutés d'après les dessins de l'artiste colmarien Robert Gall, furent la dernière œuvre de l'artiste Kempf.
A l'extérieur de la chapelle un autel en pierre a été érigé au printemps 1961 par un groupe de volontaires et a été inauguré le lundi de Pâques de la même année par une messe Solennelle. Mgr. Mbemba, archevêque de Brazzaville, ancien curé de N.- Dame du Schauenberg au Congo, rend à son tour visite à N.-Dame du Schauenberg en Alsace et y chante une grand'messe solennelle le 23 septembre 1962.Son successeur, Mgr Biayenda, sacré évêque à Rome, Pentecôte 1970, y passa à son tour. Il mourut assassiné, à Brazzaville en 1977.

La rénovation de l'ancien couvent.. L'ancienne résidence des Franciscains était dans un état de délabrement tel qu'on ne pouvait la sauver que par une rénovation totale. Cette lourde tâche incomba à Mr. le Curé Kueny de Pfaffenheim. Dès 1960 les plans furent dressés, mais le chantier ne fut ouvert qu'en novembre 1963. Malgré de sérieuses difficultés, les gros travaux purent néanmoins être achevés début octobre 1964 grâce aux efforts conjugués de M. Jean Schellenbaum, agent technique, qui établit bénévolement les devis, de nombreux ouvriers volontaires de la paroisse et d'une équipe de trois maçons italiens sous la direction d'un chef de chantier. En même temps fut aménagée une belle route avec Parking permettant aux voitures d'accéder au pèlerinage.

Rénovation de la chapelle. Ce fut ensuite le tour de la chapelle qui n'avait plus connu de retouche depuis plus d'un demi siècle et dont l'intérieur était  tout noir. Grâce à une grande tombola lancée durant l'été pour sa restauration, le nouveau chantier put être ouvert en décembre 1966.L'architecte Schaeck de Strasbourg dirigea les travaux entrepris par l'entreprise Penserini de Hattstatt et bien des ouvriers bénévoles. On enleva le plafond en plâtre, ce qui permit la remise en valeur des vieilles poutres encore bien conservées et datant de 1810. Les murs furent recouverts par une terrasite blanche, tandis qu'était installé le chauffage à air pulsé.

Au milieu du chœur on plaça l'autel face au peuple conformément au renouveau liturgique. La fenêtre du mur central du choeur fut supprimée et le mur se trouve ainsi dégagé, mettant bien en valeur la porte voûtée. Il restait à éloigner les autels latéraux dépourvus de valeur artistique, l'inesthétique tribune avec son orgue en fort mauvais état et trop coûteux pour pouvoir être rénové ainsi que les quelques bancs branlants. Des prie-Dieu offerts de différents côtés meubleront la chapelle en attendant d'être remplacés en 1981 par une première série de bancs massifs en chêne et en bon état offerts par la Maison des P. Rédemptoristes d'Ostwald, bancs qu'elle-même s'était vue offerts par l'église Saint Pierre le Vieux de Strasbourg. Une deuxième série quasi à l'état neuf, offerte en octobre 1983 par Maison-Mère des Sœurs de St Marc de Colmar,vint compléter l'ameublement de la chapelle en bancs. Des confessionnaux neufs furent installés dans niche du côté du rocher.
A présent l'intérieur du sanctuaire offre un aspect grandiose par sa simplicité. La statue miraculeuse occupe une place digne d'elle à l'entrée du choeur. Les ex-voto les plus anciens sont groupés sur le mur du fond. Pendant l'exécution des travaux, on fit dans le mur central l'heureuse découverte d'une custode en pierre, elle sert désormais de tabernacle.
Pendant l'exécution des travaux, on fit dans le mur central du choeur l'heureuse découverte d'une custode en pierre, elle sert désormais de tabernacle.
L'ensemble est rehaussé par l'imposant Christ en bois qui domine l'autel face au peuple. Ce calvaire, jadis placé le long d'un chemin de procession à l'entrée de la forêt est une sculpture impressionnante qui remonte probablement au XVII° siècle.
A  présent l'intérieur du sanctuaire offre un aspect grandiose par sa simplicité. La statue miraculeuse occupe une place digne d'elle à l'entrée du chœur d'où elle nous envoie au Seigneur.


 L'intercession de la Vierge. Les ex-voto qui parlent de l'intercession de la Vierge sont nombreux. Ce sont de petits tableaux sans grande valeur artistique, mais combien touchants, ou des plaques en marbre. La présence de certaines notes dans les Archives et l'organisation de processions prouvent également le recours à la Vierge miraculeuse.
Ainsi le " Neues Schauenberg-Büchlein" (1833) relate que, lors de la Translation de 1811, une jeune fille de Rouffach aurait fait une chute grave du haut d'un rocher sans se blesser, qu'une personne de Pfaffenheim fut guérie dans la chapelle même en 1823. La chronique paroissiale cite d'autres cas de protection ou de guérison. Depuis 1828, des ex-voto furent placés au fond de la chapelle: on y voit décrite la protection de personnes tombées d'un arbre ou d'un toit, d'autres sauvées d'un torrent, protégées pendant un naufrage en Amérique,dans un incendie,dans un accident de chemin de fer ou au cours d'une maladie grave. A côté de ces tableaux d'un art populaire, des plaques de marbre proclament l'assistance particulière de la Vierge. Il y a aussi la procession des foules pérégrinant vers ce lieu de prière : une procession de Pfaffenheim promise pendant que la peste sévissait en 1661 fut organisée le 28 décembre. Une autre vient de Soultzmatt et tient son origine du choléra de 1854 sans oublier celles conjuguées de Rouffach et de Pfaffenheim pendant les grandes sécheresses ou les pluies désastreuses,  l'ancienne procession de Westhalten, celle des fidèles de Turckheim en 1655, toutes celles enfin qui furent organisées au lendemain des guerres. Rouffach organise depuis 1945 une telle procession le  jour de l'Ascension. Il est à noter que la plupart de ces processions sont abandonnées la nouvelle route favorisant l'accès au pèlerinage aux moyens de locomotion moderne.

 Le triptyque.   Lors de la dernière rénovation le grand et beau retable de 1947 de l'artiste Jos. SAUR fut transféré dans le petit choeur latéral: la partie la plus ancienne de la chapelle où un pilier gothique porte le millésime 1607.
La partie centrale du triptyque représente Notre-Dame prenant sous son manteau tous les hommes quel que soit leur état de vie et chacun peut s'y retrouver. Nous voyons de gauche à droite: le personnel enseignant, le mineur, le paysan, la maman avec l'enfant, le vigneron, l'ouvrier, la Soeur garde-malade avec le malade, la jeune fille et le prêtre, tous, le regard tourné vers Marie. Sur les volets ouverts sont sculptées différentes scènes de la vie de la Vierge qui se terminent tout en bas avec la Dormition.

L'accueil du pèlerin. Dès 1964 la restauration de l'ancien couvent permit la création d'une belle salle d'accueil pour environ 80 personnes. Elle s'avéra vite trop petite vu le nombre grandissant des pèlerins.
La commune, renonçant à rénover la maison trop délabrée du garde-forestier, préféra en bâtir une nouvelle au village même où le garde emménagea en octobre 1976, libérant ainsi les lieux. Avec l'accord de la Municipalité et moyennant le franc symbolique tout l'ensemble revint au pèlerinage qui, sous la gestion de la Fabrique de l'Église sera chargé de veiller sur ces bâtiments.
Dès janvier 1978, grâce aux plans de notre fidèle technicien Jean Schellenbaum et avec le permis de construire vite accordé, s'ouvrit un nouveau chantier de restauration et de transformation. De ce que fut l'ancienne ferme: écurie, grange avec tout le reste du parterre, surgit une salle spacieuse et très accueillante pour environ 150 pèlerins. Elle fut inaugurée par Mgr. Brand, évêque auxiliaire le lundi
de Pentecôte 4 juin 1979. La cuisine fut également bien aménagée, ce qui permettra de servir des repas simples à des groupes organisés de pèlerins, s'ils le désirent. La première salle d'accueil de l'ancien couvent servira désormais de lieu de conférence les jours de récollection ou de travail en groupe. Liberté entière est donnée d'apporter et de consommer son pique-nique sur place. La salle ainsi que la licence offerte gracieusement par l'ancien restaurant Flesch Joseph sont avant tout là au service du pèlerin et non l'inverse.

Abords rénovés. Début février 1980 nous attendait une désagréable surprise: ce fut l'écroulement du mur en face de l'ancienne maison forestière. Grâce à la générosité des pèlerins et à l'aide de bien des ouvriers bénévoles et aussi celle de la commune, un tour de force fut réalisé. Un mur nouveau plus solide permettant d'aménager une cour plus spacieuse avec dallage put être inauguré le lundi de Pentecôte de la même année.
L'hiver très rude 1981 —82 faillit nous ménager la même surprise pour le grand mur de soutènement en face de la chapelle. La canalisation et la pose d'un dallage dans une solide couche de béton pour empêcher les infiltrations vont rétablir la situation et aussi sauver le mur des pluies diluviennes de l'année suivante, mai 1983, où un glissement de la montagne elle-même menaça l'église de Gueberschwihr.

Le Schauenberg: Voies d'accès et excursions. Une belle route, terminée le 1 octobre 1964, remplace le chemin qui existait auparavant, elle serpente par le vignoble et la forêt jusqu'au Parking, à proximité de la chapelle. D'autre part, des chemins bien signalisés relient Westhalten. Rouffach et Gueberschwihr au Schauenberg. De celui-ci un sentier forestier passe par les "rochers coucou" (Kuckuck-stein) jusqu'à la Maison forestière et au Couvent de St Marc d'où l'on peut redescendre à Gueberschwihr. Une excursion plus longue: de St Marc par Osenbuhr à Osenbach et à Soultzmatt ou de St Marc par le Staufen aux Trois châteaux
d'Eguisheim et à Eguisheim. Près de la chapelle des conglominets(?): rochers importants.

En conclusion. Voici relatée l'histoire du Schauenberg tel qu'il se présente en ce 5ème centenaire de son érection en chapellenie par l'Évêché de Bâle.
C'est grâce à la compréhension de la commune de Pfaffenheim, grâce à tant de travail bénévole de la part de paroissiens de Pfaffenheim, grâce à l'apport matériel en offrande de la part de nombreux et fervents pèlerins et certainement aussi et avant tout grâce à leur prière que ce chantier a pu être mené à bonne fin et sans le moindre accident. Qu'il soit permis au prêtre qui a eu le bonheur de se trouver à la tête de cette restauration de remercier cordialement tous ceux qui lui ont fait confiance, l'ont aidé et soutenu, c'est ensemble que nous avons pu réaliser tout cela et donner au Schauenberg l'aspect rajeuni et accueillant qu'il présente à présent. Qu'il soit aussi rappelé que tout cela a été fait dans le but primordial de garder au Schauenberg son caractère de pèlerinage et de prière. C'est à vous,
paroissiens de Pfaffenheim et à vous tous, pèlerins fervents, que la garde de ce lieu est confiée. Venez y prier avec confiance et, dans ce climat de recueillement, sentez-vous bien chez vous aux pieds de Notre-Dame du Schauenberg! Veillez à ce qu'il demeure fidèle à sa mission de haut-lieu de prière!

P. Stintzi                                                                                                S. Kueny

Bibliographie: Léon Josbert, Geschichte der Walifahrt und des Walifahrtsortes in ,,Maria Hilf auf dem Schauenberg" mit eingehender Bibliographie, Mulhouse 1932. — Paul Stintzi: Schauenberg bei Pfaffenheim. — Almana franciscana antiqua VII (mit Bibliogr.). — Pfarr-
Archiv Pfaffenheim Bulletin Paroissial No. 72 octobre 1964 et No. 117, octobre 1968. No. 235—236 Juin — Juillet 1979 No. 245 Mai 1980; No. 264 et No. 265 Mars — Avril 1982.
 
Schnell, Guide d'art No 921 (1969) 2ème édition 1984

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Liste des immeubles protégés au titre de la législation
sur les monuments historiques au cours de l’année 2000
NOR :  MCCE0100151K   
(extrait)

Pfaffenheim. - Chapelle Notre-Dame du Schauenberg (CAD 24 25) : inscription par arrêté du 25 février 2000.
 


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